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De la forme à la fonction: un chemin long et tortueux

Et aujourd’hui ? L’association difficile de la forme et de la fonction

 


On peut bien sûr se moquer de l’organologie et des abus localisationistes qu’elle
engendra. Néanmoins elle gagna à sa cause un grand nombre de scientifiques (dont Broca) qui marquèrent l’histoire des neurosciences et imprimèrent très profondément une tradition qui associe encore aujourd’hui forme et fonction.

Ne fait-on pas encore référence à la cartographique cytoarchitectonique de Brodmann dans bon nombre de publications parmi les plus récentes en imagerie fonctionnelle cérébrale ?


Cette cartographie est basée sur une étude systématique de l’agencement des cellules de la matière grise (organisation cytologique). Broadman fut le premier en 1909 à identifier une cinquantaine d’aires auxquelles on a longtemps cru pouvoir associer une fonction spécifique aussi clairement que dans la scissure calcarine du cortex visuel.

Même si certaines aires de Brodmann semblent organisées selon une topographie fonctionnelle (notamment sensorimotrice dans les aires primaires des gyrii pré et postcentraux) rendue célèbre par les travaux de Penfield (Penfield & Rasmussen, 1950), la grande majorité reste muette ou répond à une assimilation anatomo-fonctionnelle abusive (Orrison 1995, Régis et al. 1995, Roland et al. 1997, Rizzolati et al. 1998).


Aujourd’hui, avec l’émergence et le développement des techniques d’imagerie qui
offrent un point de vue unique sur le cerveau en action, les chercheurs se trouvent toujours confrontés aux problèmes du niveau de description et de classification de leurs observations, comme l’étaient avant eux les aventuriers anatomistes du XVIIIème siècle.

 

Des efforts de normalisation et de mise en commun des résultats des investigations anatomo-fonctionnelles récentes ont vu le jour et sont encore à ce jour un sujet de réflexion en Neuroscience (Talairach et al. 1967, Lancaster et
al 1995).


Mais le problème se situe aussi ailleurs. Le paradoxe soulevé par Kant n’est évidemment toujours pas résolu et pose la question fondamentale de l’objet même des Neurosciences cognitives.


L’émergence aujourd’hui de techniques d’observations toujours plus sophistiquées ne doit pas masquer cette interrogation essentielle. L’engouement actuel pour une approche scientifique de la conscience (on ne parle plus de l’âme, mais l’objet reste le même et touche de tellement près à la spiritualité que finalement ces recherches participent à un grand brassage d’idées entre science, religion et philosophie qui jusqu’à lors restaient fondamentalement opposées, (Varela 1998)) contribue à jeter de nouvelles bases qui, on le sent bien, sont nécessaires aux avancées dans des niveaux de description allant au-delà de la fonction et de la perception (voir (Changeux & Ricoeur 1998, Edelman 1992, Varela et al. 1993) pour des débats récents qui font se répondre éthique, biologie et esprit).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite est en construction, notamment dans notre laboratoire ;)

(c) Sylvain Baillet, 2006

 

 

 

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